Photo: Agence QMI
Les quatre suspects de l’incident du métro d’hier se sont livrés à la police en fin d’après-midi, après s’être reconnus sur les photos diffusées par le SPVM. Eh bien.
Après avoir causé une paralysie complète du métro de Montréal et retardé 125 000 voyageurs pendant plus de trois heures, les suspects avaient rapidement été identifiés. Le domicile de deux d’entre eux ont fait l’objet d’une perquisition ce matin. Il s’agit de François Vivier-Gagnon, étudiant au bac en sociologie à l’UQÀM, arrêté à la fin février lors de l’occupation du Cégep du Vieux Montréal. Vanessa L’Écuyer, également étudiante à l’UQÀM, fait partie du groupe Force étudiante critique, une frange radicale du mouvement qui reproche entre autres à la CLASSE et aux fédérations étudiantes d’être trop modérées. Deux autres étudiants se sont également rendus à la police.
Le fait que les quatre suspects se rendent eux-même à la police indique en quelque sorte ce que tout le monde pensait: il s’agit bien là d’une action concertée. Une action concertée organisée par quelques jeunes, étudiants certes, radicaux certes, mais qui n’ont rien à voir avec la majorité de la classe étudiante. Certains de ces suspects ont déjà participé aux autres perturbations du métro qui ont eu lieu dans les dernières semaines. Des casseurs, ou perturbateurs si vous voulez, qui croient peut-être aider le mouvement étudiant en agissant de la sorte, mais qui donnent plutôt des munitions à leurs adversaires.
Car depuis le début du conflit, plus on s’enlise dans la violence, plus il s’envenime. Un écart de conduite dans le camp adverse et on crie au meurtre. Ce n’est pas en paralysant le métro en pleine heure de pointe que ces étudiants vont aider la cause étudiante: ils se mettent ainsi la population à dos et donnent raison au gouvernement, alors que le mouvement a été étonnamment pacifique depuis le début.
Un incident de ce genre ne peut que créer un précédent et donner l’idée à d’autres étourdis de faire de même. De grâce, utilisez votre jugement. Dans l’aveuglement, ils ne voient pas le tort qu’ils font à la cause qu’ils soutiennent si ardemment.
Sur une autre note, la FECQ et la FEUQ ont également rejeté l’entente de principe signée avec le gouvernement et ce, unanimement. Rien d’étonnant là. La CLASSE avait fait de même, à raison de 250 000 étudiants contre et seulement 5000 pour. Le message est clair: la solution passe par les frais de scolarité. Les étudiants ne se contenteront pas d’un comité provisoire bidon après trois mois de lutte acharnée et la menace imminente d’une annulation de session. Depuis presque 14 semaines (14 bon Dieu!!!), ils se battent à propos de la hausse de 75% des frais de scolarité, maintenant passée à 82%. C’est donc sur la hausse que le gouvernement devra faire un compromis, s’il veut trouver une véritable sortie de crise.
Nombreuses sont les rumeurs qui posent l’annulation de session comme une probabilité de plus en plus importante. Tellement que certains établissements choisissent de rentrer en classe, comme l’a choisi le Cégep de l’Outaouais aujourd’hui. Les cours reprendront lundi là-bas. Il est à noter cependant que le vote a été très serré: 807 personnes ont voté contre la reconduction de la grève, 789 pour, 35 abstentions et 5 annulations de vote. Avec un taux de participation de 36%, il est facile de concevoir qu’il s’en est fallu de peu: si seulement une vingtaine de personnes de plus s’étaient déplacées pour voter pour, la grève serait reconduite encore aujourd’hui. Il est étonnant de constater qu’en cette période plus que cruciale, les étudiants ne se déplacent pas plus que cela pour aller voter.
Espérons que la masse étudiante se mobilisera tout autant lors des prochaines élections, lorsqu’il faudra trancher sur la hausse aux urnes, dixit le ministre des Finances Raymond Bachand. Jusqu’à maintenant, les étudiants ont fait mentir le vieux cliché comme quoi ils sont désengagés et apolitiques, montrant plutôt une force de caractère hors du commun et une conscience, une mobilisation et un engagement qui devrait faire honte à beaucoup de plus vieux. Le cynisme n’est pas leur vision, puisqu’ils possèdent la jeunesse et qu’un jour, ce sera elle qui décidera d’un Québec meilleur.
